5 juil. 2009




Je ne parle plus. Je laisse les mots activer mes émotions. Je pense amis. Je crois amour. Je trace le verbe à la plume de vie. Je regarde vivre. Les vagues de verdures vernissent le vent d'odeurs humides. Elles partent, parlent même. Elles papotent aussi avec les arbres arborant élégamment quelques pépites d'espoir aborigène. Branches d'espérance, au soir, devient constance.

J'humecte de mon bec les steaks du barbecue estival. Je ne discute plus. Je laisse cuire la vallée sous le soleil. Quelques braises lancés au galop qui galopent, galopent, galopent à leurs aises dans l'été qui toque au sortir de la journée. Porté par les chaleureuses couleurs qui s'estompent dans la poussière trempée d'une dune de vignes.

Vignerons, vigneronnes à vos verres! vérifions les vers de vos ceps plantés au sortir de l'hiver. Plantations de mots d'où germe la tentation d'un vin nouveau. Cadeau des terres, cadeau des airs d'où germent quelques mots nouveau.

Écouter les ceps. Se taire. Regarder les grillades murir au flanc de la colline. Sentir les sens s'éveiller dans le sens du lac. S'émerveiller encore. Merveille d'un dimanche après-midi dans les vignes; abandonné! L'abandon de toute discussion au profit de la contemplation la vie qui va, va!

4 juil. 2009

Ben Harper - Morning Yearning (réalisé par le regretté Heath Ledger)


Ben Harper - Morning yearning
envoyé par Image-in - Regardez la dernière sélection musicale.

"a finger's touch upon my lips
it's a morning yearning
pull the curtains shut, try to keep it dark
but the sun is burning

the world awakens on the run
and will soon be earning
with hopes of better days to come
it's a morning yearning

another day, another chance to get it right
must i still be learning
baby crying kept us up all night
with her morning yearning

like summer rose, i'm a victim of the fall

but am soon returning
your love's the warmest place the
sun ever shine
my morning yearning"




Tenir la main
Regarder l'horizon

Puis,
plonger dans ses yeux,
imperturbables,
caresser de l'oeil.

Oublier
Partager les vagues
tendrement

S'écraser
dans les flots
du coeur

29 juin 2009


Alors regarder,
le regard,
dores et déjà
regardé.

Appeler parfois
d'un appel futur
la foi, oui la foi.

Quelle foi?
Suivre?
Se taire même?
Fuir?
Fuir au lieu de subir?

Ne pas fuir, par fierté.
Ne pas subir, par piété.
Ne pas se taire pour...
Ne pas suivre pour...

Regarder, garder l'oeil pour...
Croire pour...
Dire pour...
Pour la liberté!

27 juin 2009





Toujours, toujours, toujours la même rengaine. Je regarde autour de moi attentivement, j'observe même. Les vagues clapotent contre la terre. Je m'arrête. Je m'arrête souvent au bord du lac. Alors, pris d'une émotion indicible, je cherche la parcelle de paradis où me reposer. Je fixe, pire j'existe, à travers l'étendue d'eau qui vit dans mon regard. Je ne comprends pas ce qui me fascine tant dans ce paysage. Je m'assieds.

Je jette un oeil sur les vagues qui s'écrasent sur les rochers de la rive. Il y a du blanc, du vert, du bleu et de la transparence. Je transperce l'intouchable éclat de l'eau qui vole. Ce moment où, dans les airs, à ras le rocher, l'eau éclate en s'évaporant et s'envole. Elle prend son envol comme certains bonheurs de la vie.

Cette image, ce sentiment ressemblent au vide de la transparence. Elle décolle de la surface pour léviter. Elle est comme une bulle, enfermée mais libre dans son fracas. Pendant quelques chants, quelques secondes volées au temps, elle nous isole. C'est dans les agressions des vents violents que se retrouvent celles du quotidien. Ce souffle vient agresser la fragilité du cocon de la bulle. Il vient la bousculer.

Dans ce souffle il y a des mots et des phrases blessant le coeur. Mais aussi la froideur d'amours brisés qui casse la chaleur de l'abri fragile, transparent. Encore les regards qui n'osent plus nous regarder, les yeux de proches qui nous effacent. L'ignorance des amis perce le fin cocon comme une lame froide. Les sentiments virevoltent dans le vide, à l'intérieur. Alors que la bulle subit la loi du fer, elle éclate presque. Elle s'étouffe un peu, passionnément, puis respire à nouveau. Elle a été percée par des paroles, par des faits, par des gestes. Elle a été blessé, abimée, négligée mais grandie.

Elle a cette membrane. Cette membrane régénératrice qui la rend pour ainsi dire invincible dans son invisibilité. C'est au fil des réflexion qu'elle se régénère. À force de subir les attaques elle se fragilise, elle se sensibilise mais jamais rompt.

Alors que les agressions sentimentales semblent déjà avoir esquinté la bulle de leurs souffrances, les agressions professionnelles commencent. Quelques signes de stress lointain se perdent contre la jetée, malgré la quiétude, abandonnée aux vagues éternelles, aux remous d'éternité. Elles viennent, même dans ce lieu serein, porter un coup lourd à la bulle. Elle est atteinte. Elle subit une fois encore. Elle perd de sa sensible solidité. Elle est vaincue car une tempête d'ondes foncées s'installe puis éclate à l'intérieur. Elle est perdue. Elle est vaincue par la vie.

Au contraire, une fois encore, au lieu de subir la défaite face aux déferlantes incisives des vents violents, elle devient plus forte. Car elle abrite un noyau. Cet esprit imagine. L'arme de l'imaginaire, des pensées, des songes, peut arrêter n'importe quelle vague. Alors le noyau, l'esprit, oublie. Il oublie l'essentiel sans perdre l'essence.

C'est là où des dangers psychologiques, psychobulliques, menacent l'essence même de la bulle. Il faut alors trouver un équilibre pour esquiver.

Partir quand la vie en dépend. Se laisser bercer par des vagues d'images. Naviguer sur les eaux des rêves. Voler vers les étoiles, même contourner la lune, puis connaître le jour de son atterrissage. Naviguer tel un conquistador à la recherche de nouveaux continents, déterminé mais conscient de son ancrage quelque part. Aller, le temps d'un couinement animal, entre les rochers et le ciel, là où tout s'évapore. Là où la moisissure de la mousse vit sans déranger. Là où s'évade les prisonniers de notre temps.

Revenir après. Au bord de l'eau, là où l'histoire de la vie s'écrit dans le paysage. C'est là que je comprends pourquoi je regarde toujours le lac!
Je suis entre l'accessible et l'inaccessible. Je touche quelques nuages d'espoir. Pourtant il pleut! Il pleut la tristesse du monde. C'est dans la goutte de pluie que réside la force universelle. Là où il ne fait que froid. Là où l'humide rencontre l'eau. Je me répète. Je m'en excuse. C'est comme l'excuse de connaître un lieu mieux que sa résidence. C'est la goutte de pluie qui vient tomber en face de moi! Je le sais. Je la regarde. Elle reste sans mots. Je réfléchis.

26 juin 2009

Avis aux abos, gros travail en perspective!